MARCEAU,un cultivateur dans la guerre ,est fait prisonnier à TOUL en juin 1940.Emmené en AUTRICHE,il s'évade ,sans boussole , et par étapes revient à sa ferme dans le gâtinais.C'est son aventure et le milieu dans lequel il vit qui est décrit ici .
Ce six octobre 1941, vers 6 heures du matin alors qu'ils s'apprêtaient à passer la frontière suisse , un douanier sortit "pisser " apperçoit PIERRE NICOLAS qui marchait en tête de la colonne des cinq fuyards . Il prévint ses collègues qui sortirent et tirèrent tout en faisant les sommations . Pierre se mit à courir entraînant derrière lui les douaniers qui le maîtrisèrent vers les sept heures du matin .Les autres évadés se dispersèrent de tous côtés sans jamais se retrouver . Marceau se dissimula à plat ventre derrière un rocher .Il vit passer les douaniers tout près de lui scrutant à la jumelle , recherchant activement les fugitifs . La nuit venue, Marceau se mit en marche dans la montagne par instinct en direction de la SUISSE car il n'avait pas de boussole . Il rencontra la neige , des cascades ,des rochers et se souvient d'une biche morte car tombée d'un rocher . Au matin, après avoir marché toute la nuit et vécut sur les réserves de sa musette il est arrivé à une altitude élevée risquant à tous moments de tomber dans les innombrables crevasses et tirant les jambes dans la neige épaisse . Soudain , dans le soleil clair du matin ,il aperçut un homme ,c'était un berger habillé d'une vieille capote et Marceau craint de trouver un allemand . Il aborda cet homme , c'était un SUISSE qui l'emmena chez lui et lui donna une boisson chaude . Deux gendarmes vinrent le chercher et le conduisirent à pieds au village . Marceau , fatigué, en lambeaux était la curiosité des passants et des enfants. Après un interrogatoire et un séjour réconfortant de quelques semaines ,il fut conduit dans les alpes afin de passer la frontière et de rejoindre un camp de réfugiés à ANNECY . toute sa vie sa gratitude était grande envers la SUISSE et ses habitants qui l'avaient compris et acceuillis .
Un début de vie militaire reprenait dans ce camp .Ayant obtenu une permission il se rend avec un camarade dans l'INDRE avec pour objectif de passer la ligne de démarcation et de revenir chez lui .Il trouve du travail dans une ferme "la multerie " à LEVROUX près de CHATEAUROUX ou il gagne 600francs pour un mois de travail . Après un bon mois de travail ayant quelque argent il garnit de nouveau sa musette notamment de fromage de chèvres que fabriquait sa patronne ,il prend le train pour ORLEANS puis MONTARGIS .Le passage de la ligne de démarcation s'est fait grâce à un passeur au moment de la relève de la garde allemande . A MONTARGIS deux agents de police intrigués par son attitude de fugitif lui demandent ses papiers ,il ne peut fournir que sa carte d'alimentation. Les agents se concertent et MARCEAU en profite pour s'élancer dans le train qui part pour SOUPPES sur LOING . Marceau arrive chez lui quelques jours avant noel 1941 après presque trois mois d'errance pour retrouver la liberté , sa ferme et sa famille . Dans cette France occupée il se tient sur ses gardes et mène une vie assez dissimulée . Entre autre il arrache un bois au lieu dit "le bois des roches " .
A la ferme , ou travaille toujours Monsieur François DUROSSET , on vend du lait au détail pour le plus grand bonheur des habitants voisins ,mais on est aussi le fournisseur des gendarmes qui savent parfaitement que Marceau est rentré . L'un d'eux , le chef SURPLIE lui indiqua que s'il avait l'ordre de l'arrêter il secouerait le portail de fer pour l'alerter et lui donner le temps de fuir par la fenêtre donnant sur le hangar et les bois,,,,,.
Le maire de l'èpoque ARTHUR GUYARD , lorsqu'il appris que son administré était revenu lui déclara "je suis content que tu sois libre ,mais j'aimerai mieux te voir ailleurs qu'ici ".
Madame CHAUSSY percevait , comme toute les épouses de prisonnier de guerre , l'allocation spéciale et lorsque Marceau fut rentré elle continua de l'accepter ,,,,,,,,,,car la refuser c'était signer son retour et cautionner son évasion .
Marceau fut décoré de la médaille des évadés par le colonel BOISSON le sept mai 1978 à CHATEAU-LANDON.
- à suivre série de photos -