MARCEAU,un cultivateur dans la guerre ,est fait prisonnier à TOUL en juin 1940.Emmené en AUTRICHE,il s'évade ,sans boussole , et par étapes revient à sa ferme dans le gâtinais.C'est son aventure et le milieu dans lequel il vit qui est décrit ici .
La vie militaire , La captivité L'évasion ,
Marceau fut appelé sous les drapeaux le 12 novembre 1928 .Il fut affecté au 4eme régiment d'infanterie à SENS (yonne) à la caserne Gémeau. Photo ci-contre:(Le général GEMEAU a commandé de 1848 à1851 le corps d'occupation français à ROMEpuis fut SENATEUR de l'EMPIRE et mourut à SENS en 1865 ) .Il se plaisait à raconter que son lit était en face la pendule .Après quatre mois de classe il fut envoyé à MOURMELON dans la Marne tenir une école à feu . A la suite il fut choisit comme Ordonnance d'un médecin colonel qui exerçait à TROYES dans une infirmerie militaire . Cette situation de valet ne lui plaisait pas ,il revient sur sa demande ,finir son service à SENS .Après 18mois de service il regagne la ferme familiale de Bruzelles .Il évoquait parfois ,la suggestion faite par leur capitaine lors de leur libération de migrer au MAROC où de bonnes terres étaient à cultiver . Mais suite au courroux de sa mère il renonçait à ce projet .
En 1939 il est appelé à faire des manoeuvres à MOURMELON . Il participe à une revue regroupant plus de 50000 hommes ,ils disposent de matériel moderne et se souvient d'avoir vu des officiers anglais et russes . De cette manoeuvre il revint en ce disant :"avec tout ce matériel on ne peut pas être battu ".
Mobilisé en septembre 1939 au 204eme régiment d'infanterie qui est la réserve du 4eme régiment d'infanterie d'AUXERRE ,il effectue quelques jours d'entraînement au tir à Auxerre à la caserne du 4eme . Celle-ci trop petite ne peut tous les loger et il va coucher sous le hangar d'une ferme proche d'Auxerre sur la route de NEVERS . Il se souvient que cette ferme était tenue par deux frères célibataires et que les pêches du jardin étaient bonnes .
Puis il est acheminé sur la frontière luxembourgeoise dans la région de "Lasauvage " hameau Luxembourgeois proche de Differdange et de Nierderkorv.
Il a gardé en mémoire l'attaque allemande de la nuit du 9 au 10 mai 1940 . Alignés en bordure de la route D26 en bas de la colline boisée face au cimetière de Lasauvage. Il tira sur un soldat ennemi camouflé au coin dudit cimetière . La fusillade crépitait par intermittence .Leur compagnons d'armes et voisins sur le terrain pentu et boisé ,le 6 eme régiment de spahis, montés sur leurs vigoureux chevaux arabes ripostent fougueusement;;;; Après le passage du carosse de la Grande-Duchesse du luxembourg qui part en exil il participe, sous les balles ,à disposer des rouleaux de barbelés au travers de la route . Puis ce fut le décrochage nocturne le 12 mai et la marche incessante vers l'arrière , jusqu'a TOUL.
D'innombrables escadrilles d'avions ennemis traversaient le ciel et les ignoraient allant sans doute vers des cibles plus stratégiques . Aucun avion français n'était en vue ;Dans leur retraite à pieds en colonnes sur les routes ils sont un matin dépassés par une colonne de soldats à vélo avec valises et habillés de treillis impeccables . Marceau en interpelle un lui demandant:" d'où venez vous ? ". Il eut pour seule réponse " ligne maginot, ligne maginot " . Il eut toujours la suspicion de la cinquième colonne . La retraite se poursuivait au rythme de 40 à 50 kilomêtres par jour ; Leur officier, à cheval ,est un instituteur de SERGINES ,il à le grade de lieutenant .Un prêtre ,l'Abbé TOTAL , qui a exerçé plus tard son sacerdoce dans le sénonais les encadre en tant que sous officier .Marceau parlait souvent de lui avec éloges tant pour ses qualités morales que pour sa sympathie .
En 1983 , apprenant par le curé de ST- VALERIEN l'Abbé HENRATH que l'ancien camarade de Marceau était à la maison de retraite de ST CLEMENT ,je les ai conduit, moi son gendre, à ce lieu .
Ils se sont reconnus et évoqués avec passion leurs souvenirs communs de guerre .